Le président français a, à dessein, usé de cette formule inhabituelle pour souligner, en même temps, et la grande estime qu’il a personnellement pour cette personnalité politique française et le fossé immense qui le sépare de ce député socialiste pur et dur, lorsqu’il est question de concevoir les idées ou de rechercher le moyens, afin d’assurer une conduite heureuse des affaires de la France. En puissant dans sa cruelle logique et en se faisant violence probablement, le président Sarkozy n’a pas hésité à confier à son "embarrassant cher ami" la très haute fonction de "Premier Président de la Cour des Comptes", en remplacement de M. Seguin, décédé…
On n’a pas besoin de posséder la science de Lévi-Strauss pour se convaincre, à bien des signes, que les Equato-guinéens et les Camerounais (les Camerounais de l’Extrême sud, principalement) forment un seul et même peuple. Quand on arrive, pour la première fois, sur ces terres frontalières de Kye-Ossi et d’Ebibiyin, rien, absolument rien, ne vous aide à comprendre pourquoi la Guinée Equatoriale s’arrête ici plutôt que là-bas ou bien pourquoi le Cameroun ne s’enfonce pas davantage dans les mêmes forêts d’en face. En dehors du français et de l’espagnol qu’on leur a imposés, les populations se confondent tout à fait ; elles ont tout en commun : le parler, les habitudes alimentaires, le mode de vie… C’est l’évidence même : Equato-guinéens et Camerounais sont bien plus que des voisins et bien plus que des amis ou des partenaires économiques. Ils sont des frères, tout naturellement, tout simplement…
Malheureusement, surtout depuis qu’ils se baignent dans leurs puits de pétrole ; les Equato-guinéens sont de plus en plus devenus, pour les Camerounais, de ‘’chers et vrais frères très embarrassants", pour parler comme le président Sarkozy. Oui, d’ "embarrassants frères" qui semblent se complaire dans une démarche progressive d’accusation et d’agression, vis-à-vis des Camerounais. Heureusement, on ne nous dit pas tout. Mais, il ne se passe pratiquement plus de jour, sans que des Camerounais, pour des motifs qui n’en sont point, soient expulsés de ce pays frère. Apparemment, cela ne suffit plus.
Ces jours-ci, des medias internationaux affirment tenir des dirigeants de Malabo les informations selon lesquelles "des éléments incontrôlés de l’armée camerounaise ont attaqué un tanker équato-guinéen…" C’est monstrueux, ce genre de communiqué. D’abord, c’est une contre-vérité : l’armée camerounaise pourrait bien compter en son sein, comme n’importe quel autre groupe humain de cette taille, des brebis galeuses aux comportements hasardeux ; mais à l’heure qu’il est, on ne connaît pas à cette armée des bataillons d’ "éléments incontrôlés" qui écumeraient les océans. Ensuite, c’est très léger ; car, ceux qui accusent avaient tout le temps de se rappeler, que les fameux "Bakassi Freedom Fighters" – que l’armée camerounaise combat sans merci- entretiennent dans toute la zone une certaine insécurité.
Enfin, de telles fabulations ne rendent, dans la sous-région, le moindre service à personne. Même pas à ceux qui semblent avoir choisi d’être, pour les autres, d’ "embarrassants frères".
