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Affaire du bébé volé. Vincent Sosthène Fouda, le candidat recalé à la présidentielle du 9 octobre, annonce une série de manifestations pour retrouver l’enfant perdu de Vanessa Tchatchou.
Rendez-moi mon bébé ! » C’est dans les colonnes de votre journal que Vanessa Tchatchou a poussé ce cri de détresse.
La jeune élève de 17 ans fait le siège depuis bientôt six mois à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé où elle a donné naissance, le 20 août, à une fille. Seulement, sans même avoir le temps de serrer son enfant dans ses bras, il a mystérieusement disparu de la couveuse de cet hôpital public. Depuis lors, Vanessa Tchatchou résiste et ne cesse de crier : « Rendez-moi mon bébé ! »
Les pleurs de cette jeune maman ont fait sursauter un homme politique : Vincent Sosthène Fouda, le candidat recalé à la présidentielle du 9 octobre dernier. Il a – pour ainsi dire – « acheté le problème » de Vanessa. « J’ai été stupéfait, confie-t-il, de me rendre compte qu’aucune enquête sérieuse n’a été ouverte pour voir clair dans cette affaire. » Il a donc adressé des correspondances à l’Unicef (direction de la protection de l’enfance) et à l’association américaine de protection des nouveaux nés. Vincent Sosthène Fouda a également créé une page facebook sur cette affaire, convaincu, dit-il, qu’une grosse médiatisation permettra de « retrouver le bébé de Vanessa ».
L’ancien candidat à la présidentielle donnera une conférence de presse la semaine prochaine à Yaoundé. C’est au cours de cet échange avec les journalistes qu’il annoncera une série de manifestations qu’il entend mener dans le but de retrouver l’enfant perdu, avant son retour au Canada où il réside. « Nous allons organiser une marche blanche devant l’hôpital général de Yaoundé avec toutes les femmes. Le 8 mars, jour de la fête de la femme, une autre marche aura lieu pour demander aux jeunes de ce pays de témoigner leur sympathie à Vanessa. Nous pensons que les douleurs de l’enfantement sont fondatrices de l’humanité. On ne peut pas rester insensible au drame d’une jeune fille qui se fait dérober son bébé à sa naissance dans un hôpital public. »
Résistance
Vincent Sosthène Fouda se dit admiratif du courage et de la détermination de Vanessa Tchatchou qui, depuis six mois, se bat toute seule contre la grosse machine de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso. « Vanessa est un modèle de résistance, dit-il. C’est une fille orpheline qui a été nourrie au berceau de la souffrance. Elle montre que la pauvreté ne fait pas perdre sa dignité. Elle est un exemple à suivre face aux injustices de ce pays. Son combat doit se transformer en lutte contre toutes les formes d’injustices auxquelles on semble s’accommoder au Cameroun. »
Autant Vincent Sosthène Fouda est admiratif de la personnalité de la maman éplorée, autant il est surpris par le silence des autorités qui n’ont pas réagi à ce « vol de bébé ». Cela traduit, explique Vincent Sosthène Fouda, « la difficile transversalité qui doit exister entre les administrations ». « L’hôpital général, le ministère de la Santé, le ministère de la Promotion de la Femme, le ministère des Affaires sociales, etc., tous se rejettent les responsabilités », constate-t-il.
A la question de savoir pourquoi l’homme politique qu’il est s’intéresse de si près à une affaire, qui n’est qu’un fait divers pour certains, Vincent Sosthène Fouda affiche un air grave. « Si un homme politique ne se sent pas préoccupé par un tel drame humain, c’est qu’il n’a rien compris de l’action politique. C’est une action citoyenne. En ce qui me concerne, il me sera difficile de me regarder dans un miroir tant que Vanessa n’aura pas retrouvé son bébé. »
Jean-Bruno Tagne
